Depuis quelques années, un phénomène inattendu intrigue les Parisiens : des perruches vertes aux cris perçants survolent les parcs et s’installent dans les arbres. D’où viennent-elles ? Pourquoi sont-elles si nombreuses ? Et cette invasion est-elle un véritable problème écologique ? Plongeons dans le mystère des perruches exotiques de Paris.
Une invasion venue du ciel… et des cages
Ce ne sont pas des oiseaux migrateurs classiques. Ces perruches à collier, originaires d’Afrique et d’Asie du Sud, ont commencé à peupler l’Île-de-France il y a plusieurs décennies. Leur apparition est souvent liée à des libérations accidentelles ou volontaires d’animaux domestiques, échappés de volières ou relâchés par des particuliers.
Un événement marquant aurait eu lieu à l’aéroport d’Orly dans les années 1970, lorsqu’un lot de perruches se serait échappé d’un conteneur. Depuis, elles n’ont cessé de se multiplier.
Pourquoi Paris leur plaît tant
On pourrait croire que le climat parisien ne convient pas à ces oiseaux tropicaux. Et pourtant, ils s’y sont parfaitement adaptés. Comment ?
- Hivers doux : depuis plusieurs années, les hivers sont moins rigoureux, ce qui facilite leur survie.
- Abondance de nourriture : elles trouvent fruits, graines et restes dans les parcs et les zones résidentielles.
- Absence de prédateurs : peu d’animaux s’attaquent à elles en milieu urbain.
- Grands arbres pour nicher : les platanes et marronniers des avenues parisiennes composent un habitat idéal.
Une explosion de population
Leur nombre ne cesse d’augmenter. En 2023, on estime qu’il y avait plus de 10 000 perruches à collier en Île-de-France, dont une grande partie dans les parcs parisiens. Elles vivent en groupes bruyants et facilement repérables.
Leur reproduction est très efficace : une femelle pond en général 3 à 4 œufs par an, avec un taux de survie élevé grâce au manque de concurrence directe. Résultat : elles sont passées de curiosité rare à présence familière dans le ciel parisien.
Faut-il s’inquiéter de cette présence ?
Même si elles semblent inoffensives au premier abord, les perruches peuvent poser problème à long terme. Elles concurrencent certaines espèces locales pour la nourriture et les sites de nidification.
Des études montrent qu’elles pourraient perturber les oiseaux cavicoles comme les étourneaux ou les pics. Elles ne sont pas encore classées comme espèce invasive nuisible, mais les chercheurs surveillent leur impact écologique de près.
Un avenir incertain entre cohabitation et régulation
La perruche à collier n’est pas près de disparaître du paysage parisien. Trop bien implantée, trop bien adaptée. Le défi désormais est d’organiser une cohabitation équilibrée avec la faune urbaine existante.
Plusieurs villes européennes, comme Londres ou Bruxelles, rencontrent le même phénomène. Certaines ont tenté des stratégies de contrôle, mais avec un succès limité. À Paris, pour l’instant, la priorité reste l’observation et la sensibilisation plutôt que l’éradication.
Que faire si vous en croisez ?
Pas de panique. Les perruches à collier ne sont pas agressives. Si vous en voyez dans un parc :
- Ne les nourrissez pas : cela favorise leur prolifération.
- Evitez de les déranger pendant la période de nidification (printemps).
- Signalez leur présence aux associations naturalistes locales si vous en observez en grand nombre.
Ces oiseaux colorés ajoutent une touche exotique à notre quotidien. Mais derrière leur beauté se cachent des questions complexes sur l’impact des espèces introduites. Une chose est sûre : les perruches de Paris ne passent pas inaperçues… et elles comptent rester.












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